Temps pluvieux
Par ces temps de giboulées, l’humeur des hommes, et celle des femmes aussi, change comme le ciel. Un ami, fort instruit et assez raisonnable, me disait hier : « Je ne suis pas content de moi ; dès que je
Le site de référence sur le philosophe français Emile Chartier, dit Alain (1868-1951), par l’Association des Amis d’Alain, fondée par ses proches après sa mort.
Le site de référence sur le philosophe français Emile Chartier, dit Alain (1868-1951), par l’Association des Amis d’Alain, fondée par ses proches après sa mort.
Par ces temps de giboulées, l’humeur des hommes, et celle des femmes aussi, change comme le ciel. Un ami, fort instruit et assez raisonnable, me disait hier : « Je ne suis pas content de moi ; dès que je
Je voudrais dire de la mauvaise humeur qu’elle n’est pas moins cause qu’effet ; je serais même porté à croire que la plupart de nos maladies résultent d’un oubli de la politesse, j’entends d’une violence du corps humain sur lui-même. Mon
Le doute est le sel de l’esprit ; sans la pointe du doute, toutes les connaissances sont bientôt pourries. J’entends aussi bien les connaissances les mieux fondées et les plus raisonnables. Douter quand on s’aperçoit qu’on s’est trompé ou que l’on
Je rencontrai le vieux Sage au moment où je considérais une troupe de mouflons aux cornes massives qui se battaient pour une croûte de pain. Il m’emmena vers les singes et vers les crocodiles. Chemin faisant nous vîmes des vautours
…Dès que l’on s’élève, on règne sur des hommes, non sur des choses, et l’on a à considérer non pas les lois des choses, mais la marche des passions. Voilà ce que signifie la formule connue : « C’est un bon technicien, mais ce n’est pas un bon administrateur. » (…) Le vrai diplomate est celui qui ne pense rien. De là un choix inévitable des médiocres pour la plus haute direction; je dis des médiocres dans la science même.
Yet there’s plenty of real hardship; this doesn’t prevent people from adding to it, by a sort of indiscipline of the imagination. Every day you can meet at least one person who’ll complain about his job, and what he says
Pourquoi ne seriez-vous pas un précieux ami pour vous-même ? Mais oui, sérieusement, je dis qu’il faut s’aimer un peu et être bon avec soi. Car tout dépend d’une première attitude que l’on prend. Un auteur ancien a dit que tout événement a deux anses, et qu’il n’est pas sage de choisir pour le porter celle qui blesse la main. Le commun langage a toujours nommés philosophes ceux qui choisissent en toute occasion le meilleur discours et le plus tonique ; c’est viser au centre.
L’homme est naturellement un être qui s’intéresse à autre chose qu’à lui-même. Et cela vient de ce qu’il s’intéresse à lui-même pensant. C’est une immense fonction que de penser, immense et tyrannique. Aussi toute discussion est un commencement de guerre,
… On voudrait rire de la mode ; mais la mode est quelque chose de très sérieux. L’esprit se donne l’air de mépriser, mais il met d’abord une cravate. L’uniforme et le froc font voir des effets étonnants pour calmer. Ce sont des vêtements de sommeil ; ce sont des plis de la douce paresse, de la plus douce paresse, celle qui agit sans penser. La mode va à la même fin, mais en ménageant la joie de choisir, qui est toute en imagination.
J’aime la pluie. L’air est lavé et la terre m’offre ses odeurs. J’aime la grande pluie qui tambourine, les nuages qui s’effilochent, la douce lumière qui change d’instant en instant, et la délicate ligne rose au-dessus de l’horizon.
Comme j’expliquais à l’homme cultivé ces plaisirs de Normand, il me dit : « Vous voulez faire un paradoxe. La pluie est bonne pour l’agriculture, je ne dis pas non. Mais la pluie est sale et triste