Philosophe Alain

Le site de référence sur le philosophe français Emile Chartier, dit Alain (1868-1951), par l’Association des Amis d’Alain, fondée par ses proches après sa mort.

Le site de référence sur le philosophe français Emile Chartier, dit Alain (1868-1951), par l’Association des Amis d’Alain, fondée par ses proches après sa mort.

Propos sur le bonheur

Introduction aux Propos sur le bonheur : Le thème du bonheur tient une place importante dans la pensée d’Alain. Il considère que bien penser sa vie a pour effet un art de vivre. «On peut vivre sans philosophie, dit Alain, mais on vit moins bien.»

Alain commence par un paradoxe : « le bonheur est une récompense qui vient à ceux qui ne l’ont pas cherchée ». Ainsi il distingue le plaisir, qui est reçu, du bonheur qui est le fruit d’un travail.

Être attentif à son corps est essentiel: « Je suis triste ; je vois tout noir ; mais les événements n’y sont pour rien ; c’est mon corps qui veut raisonner ; ce sont des opinions d’estomac.». Il faut jurer d’être heureux. « Il est impossible d’être heureux si on ne veut pas l’être ».

Penser le son « i »

On ne peut pas du tout penser le son i en ouvrant la bouche. Essayez, et vous constaterez que votre i silencieux, et seulement imaginé, deviendra une espèce d’a. Cet exemple fait voir que l’imagination ne va pas loin si les organes moteurs du corps exécutent des mouvements qui la

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Du devoir d’être heureux

Il n’est pas difficile d’être malheureux ou mécontent ; il suffit de s’asseoir, comme fait un prince qui attend qu’on l’amuse ; ce regard qui guette et pèse le bonheur comme une denrée jette sur toutes choses la couleur de l’ennui ; non sans majesté, car il y a une sorte de puissance

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L’art de bâiller

Un chien qui bâille au coin du feu, cela avertit les chasseurs de renvoyer les soucis au lendemain. Cette force de vie qui s’étire sans façon et contre toute cérémonie est belle à voir et irrésistible en son exemple ; il faut que toute la compagnie s’étire et bâille, ce qui

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Heureux agriculteurs

Le Travail est la meilleure et la pire des choses ; la meilleure, s’il est libre, la pire, s’il est serf. J’appelle libre au premier degré le travail réglé par le travailleur lui-même, d’après son savoir propre et selon l’expérience, comme d’un menuisier qui fait une porte. Mais il y a

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La fatalité

Nous ne savons rien commencer, je dis même pour allonger le bras ; nul ne commence par donner ordre aux nerfs ni aux muscles ; mais le mouvement commence de lui-même ; notre affaire est de le suivre et de l’achever pour le mieux. Ainsi ne décidant jamais nous dirigeons toujours ; comme un

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Natures crocodiliennes

« La Destinée, disait Voltaire, nous mène et se moque de nous. » Ce mot m’étonne de cet homme-là qui fut si bien lui-même. Le destin extérieur agit par des moyens violents ; il est clair que la pierre ou l’obus écrasera un Descartes aussi bien. Ces forces peuvent nous effacer tous de

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Sucreries

Faire et non pas subir, tel est le fond de l’agréable. Mais parce que les sucreries donnent un petit plaisir sans qu’on ait autre chose à faire qu’à les laisser fondre, beaucoup de gens voudraient goûter le bonheur de la même manière, et sont bien trompés. On reçoit peu de

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Vœux du Nouvel An

Tous ces souhaits et tous ces vœux, floraison de janvier, ce ne sont que des signes ; soit. Mais les signes importent beaucoup. Les hommes ont vécu pendant des siècles de siècles d’après des signes, comme si tout l’univers, par les nuages, la foudre et les oiseaux, leur souhaitait bonne chasse

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De l’irrésolution

Descartes dit que l’irrésolution est le plus grand des maux. Il le dit plus d’une fois, il ne l’explique jamais. Je ne connais point de plus grande lumière sur la nature de l’homme. Toutes les passions, tout leur stérile mouvement s’expliquent par là. Les jeux de hasard, si mal connus

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Regarde au loin

Au mélancolique je n’ai qu’une chose à dire : « Regarde au loin. » Presque toujours le mélancolique est un homme qui lit trop. L’œil humain n’est point fait pour cette dis­tance ; c’est aux grands espaces qu’il se repo­se. Quand vous regardez les étoiles ou l’hori­zon de la mer, votre œil est

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Le roi s’ennuie

Il est bon d’avoir un peu de mal à vivre et de ne pas suivre une route tout unie. Je plains les rois s’ils n’ont qu’à désirer ; et les dieux, s’il y en a quelque part, doivent être un peu neurasthéniques. On dit que dans les temps passés ils

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Hercule

L’homme n’a de ressource que dans sa propre volonté ; idée aussi ancienne que les religions, les prodiges et les malheurs ; en revanche idée qui, par sa nature, est vaincue, en même temps que la volonté elle-même ; car la force d’âme se prouve par les effets ; Hercule se donnait à lui-même

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Chacun a ce qu’il veut

Chacun a ce qu’il veut. La jeunesse se trompe là-dessus parce qu’elle ne sait bien que désirer, et attendre la manne. Or il ne tombe point de manne ; et toutes les choses désirées sont comme la montagne, qui attend, que l’on ne peut manquer. Mais aussi il faut grimper. Tous

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Il faut jurer

Le pessimisme est d’humeur ; l’optimisme est de volonté. Tout homme qui se laisse aller est triste, mais c’est trop peu dire, bientôt irrité et furieux. Comme on voit que les jeux des enfants, s’ils sont sans règle, tournent à la bataille ; et sans autre cause ici que cette

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L’humeur et le caractère

Le caractère, c’est l’humeur pensée. On peut être brutal par humeur ; ce n’est qu’un mouvement. Le caractère enferme toujours une prétention. Le brutal se pique d’être brutal ; même dans la joie, il fait le bourru. Ce genre de comédie veut un public. Je ne crois point que Robinson, tant qu’il

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Le goût de fraise

Un enfant qui se donne volontairement la mort, voilà une chose douloureuse et presque insupportable à imaginer. Essayons d’y penser avec clairvoyance, et de retrouver l’ordre dans ce désordre. La vie est bonne par-dessus tout ; elle est bonne par elle- même ; le raisonnement n’y fait rien. On n’est

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Qu’il est difficile d’être content de quelqu’un !

« Qu’il est difficile d’être content de quelqu’un ! » Cette sévère parole de La Bruyère doit déjà nous rendre prudents. Car le bon sens veut que chacun s’adapte aux conditions réelles de la vie en société, et il n’est point juste de condamner l’homme moyen ; c’est folie de misanthrope. Donc, sans chercher

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La vraie gloire

Quand on dit que tous les hommes poursuivent quelque plaisir, l’un de manger et boire, parce qu’il est ainsi fait, l’autre de s’enrichir, parce qu’il est ainsi fait, l’autre de se dévouer, parce qu’il est ainsi fait, on n’a rien dit encore, on n’éclaire point du tout l’homme. Car les

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Régler ses pensées

L’homme qui se connaît sans se conduire est aussitôt malheureux ; je ne sais pas jusqu’où il descendrait ; nul ne le sait, car le désordre est informe ; une peur non surmontée le fait voir aussitôt ; le fait voir aux autres ; car qui se connaît dans la peur absolue ? Les grandes paniques

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Dormir avec des souliers

J’ai remarqué, c’est une leçon de la guerre, que l’on s’endort plus aisément avec des souliers que sans souliers. La vraie préparation au sommeil consiste à se coucher réellement, c’est-à-dire à se mettre dans la position où l’on ne peut plus tomber du tout. Faute de cette précaution, l’on s’équilibre

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Amitié

Il y a de merveilleuses joies dans l’amitié. On le comprend sans peine si l’on remarque que la joie est contagieuse. Il suffit que ma présence procure à mon ami un peu de vraie joie pour que le spectacle de cette joie me fasse éprouver à mon tour une joie

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La politesse

La politesse s’apprend comme la danse. Celui qui ne sait pas danser croit que le difficile est de connaître les règles de la danse et d’y conformer ses mouvements ; mais ce n’est que l’extérieur de la chose ; il faut arriver à danser sans raideur, sans trouble, et par

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Amour platonique

Je ne sais quel auteur a dit, à peu près, que l’amour devient promptement anémique sans les nourritures de vanité. Cette malicieuse remarque éclaire justement l’amour tel qu’il devrait être, tel qu’on le veut, tel que tous le cherchent. Un roi voudrait être aimé pour lui-même; et cette idée si

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Stoïcisme

On a peut-être mal pris les fameux Stoïciens, comme s’ils nous apprenaient seulement à résister au tyran et à braver les supplices. Pour moi j’aperçois plus d’un usage de leur sagesse virile, simplement contre la pluie et l’orage. Leur réflexion consistait, comme on sait, dans un mouvement pour se séparer

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A la fontaine

J’ai lu une bonne page du sculpteur Rodin (car il sculpte aussi dans l’écriture), où il disait que les modèles, quand ils ont posé dans les Académies, prennent d’eux-mêmes une attitude tout à fait fausse ; et que ce faux nous vient du théâtre, véritable école et conservatoire de mensonge.

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Crainte est maladie

Je me souviens d’un canonnier qui lisait dans les mains. Il était bûcheron de son métier et formé par cette vie sauvage à l’interprétation immédiate des signes ; je suppose qu’à l’imitation de quelque autre sorcier il s’était mis à observer aussi le creux des mains ; et c’était là qu’il lisait

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L’homme complet

Le pédant nous fait voir un esprit bien fait dans un corps maladroit. L’animal a été oublié, et se venge par un désaccord entre l’enveloppe et le contenu, qui se sent dans la moindre parole. L’athlète est tout le contraire d’un pédant, parce que le corps a reçu tous les

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La vraie attention

Lorsque l’homme de troupe tremble devant le capitaine, on ne peut pas dire qu’il manque d’attention ; on voudrait dire qu’il en a trop ; toujours est-il qu’il ne fait pas attention comme il faut. Et, s’il est vrai que l’oiseau soit fasciné par le serpent, l’oiseau non plus ne

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Discipliner l’imagination

« Contre les peines morales, le vin de Champagne. » Cette cynique maxime est de Stendhal ; et je ne la méprise pas plus que je ne méprise la médecine ; il est plus court de prendre un calmant que de supporter la douleur. Et à qui n’est-il pas arrivé de se rendre courageux

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L’attention intempérante

L’art de faire attention, qui est le grand art, suppose l’art de ne pas faire attention, qui est l’art royal. Savoir dormir, savoir se reposer, savoir ignorer, savoir oublier, voilà ce qui est trop rare dans les chefs. L’homme est étrangement assiégé ; couleurs, odeurs, bruits, contacts ne cessent pas de

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La critique

Tout est vrai dans un fou ; car c’est pourtant vrai qu’il est fou. S’il croit voir courir des rats, c’est qu’il a les yeux malades, ou les nerfs, ou la cervelle. S’il sent des morsures de rats, c’est qu’il sent de vives douleurs, comme il arrive aux goutteux. Et peut-être

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L’art de constater

Nous ressemblons tous à ce roi de Siam dont parle Hume, qui refusa d’écouter plus longtemps un Français dès que celui-ci eut parlé de l’eau solide, sur laquelle un éléphant pourrait marcher. Ce que nous n’avons jamais vu, ce qui ne ressemble point à ce que nous avons vu, nous

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Victoires

Dès qu’un homme cherche le bonheur, il est condamné à ne pas le trouver, et il n’y a point de mystère là-dedans. Le bonheur n’est pas comme cet objet en vitrine, que vous pouvez choisir, payer, emporter ; si vous l’avez bien regardé, il sera bleu ou rouge chez vous

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Neurasthénie

Par ces temps de giboulées, l’humeur des hommes, et celle des femmes aussi, change comme le ciel. Un ami, fort instruit et assez raisonnable, me disait hier : « Je ne suis pas content de moi ; dès que je ne suis plus occupé à mes affaires ou au bridge,

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Les plaisirs que l’on se donne

L’homme n’est heureux que de vouloir et d’inventer. Cela se voit dans le jeu de cartes ; il est clair, d’après les visages, que chacun contemple alors sa propre puissance de délibérer et de décider ; il y a des Césars de la manille, et des passages du Rubicon à

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L’éloquence des passions

L’éloquence des passions nous trompe presque toujours ; j’entends par là cette fantasmagorie triste ou gaie, brillante ou lugubre, que nous déroule l’imagination selon que notre corps est reposé ou fatigué, excité ou déprimé. Tout naturellement nous accusons alors les choses et nos semblables, au lieu de deviner et de

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De la pitié

Il y a une bonté qui assombrit la vie, une bonté qui est tristesse, que l’on appelle communément pitié, et qui est un des fléaux humains. Il faut voir comment une femme sensible parle à un homme amaigri et qui passe pour tuberculeux. Le regard mouillé, le son de la

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Cherchez l’épingle

Lorsqu’un petit enfant crie et ne veut pas être consolé, la nourrice fait souvent les plus ingénieuses suppositions concernant ce jeune caractère et ce qui lui plaît et déplaît ; appelant même l’hérédité au secours, elle reconnaît déjà le père dans le fils ; ces essais de psychologie se prolongent

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Que le bonheur est généreux

Il faut vouloir être heureux et y mettre du sien. Si l’on reste dans la position du spectateur impartial, laissant seulement entrée au bonheur et portes ouvertes, c’est la tristesse qui entrera. Le vrai du pessimisme est en ceci que la simple humeur non gouvernée va au triste ou à

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Bonheur est vertu

Il y a un genre de bonheur qui ne tient pas plus à nous qu’un manteau. Ainsi le bonheur d’hériter ou de gagner à la loterie ; aussi la gloire, car elle dépend de rencontres. Mais le bonheur qui dépend de nos puissances propres est au contraire incorporé ; nous en sommes

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L’art de se bien porter

L’égalité d’âme ne reçoit pas, en général, de récompenses extérieures ; mais elle est certainement favorable à la santé. Un homme heureux se laisse oublier ; la gloire le viendra chercher quarante ans après sa mort. Mais contre la maladie, plus intime que l’envie et bien plus redoutable, le bonheur est la

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Platon médecin

Je trouve en Descartes cette idée que la passion de l’amour est bonne pour la santé, et la haine, au contraire, mauvaise. Idée connue, mais non assez familière. Pour mieux dire, on n’y croit point. On en rirait, si Descartes n’était presque autant au-dessus de la moquerie que sont Homère

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Dénouer

Quelqu’un me jugeait hier en peu de mots : « Optimisme incurable. » Certainement il l’entendait mal, voulant dire que je suis ainsi par nature et que j’en suis bien heureux, mais qu’enfin une bienfaisante illusion n’a jamais passé pour vérité. C’est confondre ce qui est avec ce que l’on veut faire être.

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Oeuvres

Une œuvre commencée parle bien plus haut que les motifs. Il y a des motifs de coopérer, et bien forts ; on peut les éclairer et retourner dans son esprit pendant toute une vie et ne point coopérer. Mais la coopérative en croissance appelle le fondateur ; et les pierres d’attente, en

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Espérance

Un incendie me faisait penser à l’Assurance. Voilà une déesse qui n’est pas aimée, à beaucoup près, comme la Fortune. On la redoute ; on lui porte de maigres offrandes, sans aucun enthousiasme. Et cela est aisé à comprendre ; les bienfaits de l’assurance ne se montrent qu’en même temps que le

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Des caractères

Chacun a de l’humeur selon le vent et selon l’estomac. L’un donne un coup de pied dans la porte, l’autre frappe l’air par des paroles qui n’ont pas plus de sens que les coups de pied. La grandeur d’âme laisse tomber ces incidents dans l’oubli ; qu’elle les subisse des autres

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Humeur

Selon le système de l’exaspération, rien n’est meilleur que de se gratter. C’est choisir son mal ; c’est se venger de soi sur soi. L’enfant essaie cette méthode d’abord. Il crie de crier ; il s’irrite d’être en colère et se console en jurant de ne pas se consoler, ce qui est

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Gymnastique

Comment expliquer qu’un pianiste, qui croit mourir de peur en entrant sur la scène, soit immédiatement guéri dès qu’il joue ? On dira qu’il ne pense plus alors à avoir peur, et c’est vrai ; mais j’aime mieux réfléchir plus près de la peur elle-même, et comprendre que l’artiste secoue la peur

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Attitudes

Le plus vulgaire des hommes est un grand artiste dès qu’il mime ses malheurs. S’il a le cœur serré, comme on dit si bien, vous le voyez étrangler encore sa poitrine avec ses bras, et tendre tous ses muscles les uns contre les autres. Dans l’absence de tout ennemi, il

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Sur la mort

La mort d’un homme d’État est une occasion de méditer ; et l’on voit partout des théologiens d’un instant. Chacun fait retour sur soi et sur la commune condition ; mais cette pensée elle-même n’a point d’objet ; nous ne pouvons nous penser nous-mêmes que vivants. D’où une impatience. Devant cette menace abstraite

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Accidents

Chacun a médité un petit moment sur l’effroyable chute. L’énorme voiture a manqué d’une roue et s’est inclinée d’abord assez lentement peut-être ; et ces malheureux, suspendus un moment au-dessus de l’abîme, crièrent inhumaine­ment. Chacun imagine assez aisément la scène, et quelques-uns, en rêve, éprouveront ce commencement de chute et l’attente

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Le sourire

Je voudrais dire de la mauvaise humeur qu’elle n’est pas moins cause qu’effet ; je serais même porté à croire que la plupart de nos maladies résultent d’un oubli de la politesse, j’entends d’une violence du corps humain sur lui-même. Mon père, qui par son métier observait les animaux, disait que,

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Médecine

« Je connais, dit l’homme de science, un nombre important de vérités, et je forme une idée suffisante de celles que j’ignore. Je sais ce que c’est qu’une machine, et comment il arrive qu’un écrou sautant détruit tout, faute d’un peu de soin, faute d’une attention de quelques minutes, et toujours

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Argan

De très petites causes peuvent gâter une belle journée, par exemple un soulier qui blesse. Rien ne peut plaire alors, et le jugement en est hébété. Le remède est simple ; tout ce malheur s’enlève comme un vêtement. Nous le savons bien ; et ces malheurs sont rendus légers, même dans le

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De l’imagination

Lorsque le médecin vous recoud la peau du visage, à la suite de quelque petit accident, il y a, parmi les accessoires, un verre de rhum propre à ranimer le courage défaillant. Or, communément ce n’est point le patient qui boit le verre de rhum, mais c’est l’ami spectateur, qui,

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Cérémonies

Si l’irrésolution est le pire des maux, on comprend que la cérémonie, la fonction, le costume, la mode soient les dieux de ce monde. Toute improvisa­tion irrite, non pas tant par l’idée de ce qu’on pourrait faire ou dire d’autre, mais plutôt par le mélange de deux actions dans le

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Signes ambigus

C’est vite fait de supposer une âme d’après les signes, mais cette supposi­tion n’est pas vérifiée une fois sur mille. Pour ma part, dans l’ordinaire de la vie, je ne remonte à l’âme que si l’on m’en prie par des signes redoublés ; hors de ces cas remarquables, je rapporte les

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La plupart des Propos figurant dans ce thème sont extraits du recueil « Propos sur le bonheur » (Gallimard Folio-essais).

Sur ce thème, on pourra lire la conférence de Geoges Pascal, « Introduction aux Propos sur le bonheur ».

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